Être enceinte : mon premier trimestre – Partie 1

De 0 à 12 semaines

La grossesse est une chose fascinante à tout point de vue et elle rend curieux les gens autour de nous.

Recevant de nombreuses questions, notamment de femmes dans mon entourage, j’ai décidé de vous écrire quelques petits articles sur le sujet.

Ce que je vous écris ici n’est autre que le fruit de mes recherches enrichies de ma propre expérience et de mes propres ressentis. J’imagine cependant que beaucoup d’autres futures mamans pourront se reconnaitre dans ces lignes.

Sachez néanmoins, que chaque grossesse est unique et très personnelle !

Dans tout les cas consultez votre médecin, sage-femme ou toute personne médicalement compétente.

 

Dans ce premier article, je vais vous parler de ce que peuvent ressentir les femmes et les conjoins notamment lors de ces trois premiers mois de grossesse ainsi que la façon de partager sa grossesse sous forme de questions/réponses. Bien entendu la liste des questions n’est pas exhaustives, j’ai simplement choisi celles qui me paraissaient les plus pertinentes ainsi que celles les plus souvent posées.

Commençons donc par :

 

 

Que ressentent les femmes lors de ce premier trimestre ?

C’est une sensation très étonnante. Lorsque l’on découvre que l’on est enceinte, et surtout si l’enfant est désiré, la joie est indescriptible.

En ce qui me concerne elle n’a pas été immédiate. J’ai eu besoin d’environ 24h pour réaliser que j’étais enceinte et pouvoir me réjouir pleinement. Une fois ce processus de prise de conscience terminé, j’ai enfin pu vivre le moment et pleurer !

C’est toujours délicat de se fier à 100% à un test de grossesse, alors j’ai préféré être certaine et attendre le résultat de la prise de sang qui était : Positif !

Au niveau physique, quand le message de la grossesse arrive au cerveau, on note que le corps switch vers un nouvel état et en quelques jours de nouvelles sensations se font sentir.

Le premier mois (personnellement) rien de vraiment visible ou concret ne s’est passé si ce n’est le gonflement de ma poitrine. Puis durant le second mois, la fatigue se manifeste : elle frappe fort ! Le cœur étant plus sollicité on est donc plus essoufflée et la montée des escaliers devient le parcours du combattant !!

Puis c’est l’apparition des premières nausées. Elles peuvent arriver beaucoup plus tôt chez certaines femmes, comme être inexistantes chez d’autres. Je sais, il n’y a pas de justice, mais nous sommes toutes différentes ! Généralement elles se font ressentir le matin. Pour ma part elles étaient présentes le soir, sur une courte période.

 

D’un point de vue émotionnel, notre sensibilité est décuplée : oui une femme enceinte pleure assez facilement, ce n’est pas un mythe ! Tous nos sens sont impactés. J’ai été particulièrement affectée par les odeurs, symptôme très courant, notamment par certaines qui habituellement ne me posaient aucun problème et qui devenaient difficilement supportables comme par exemple l’odeur du feu de bois.

Au début de ma grossesse je me suis sentie submergée. Ces émotions et sentiments sont assez difficiles à décrire car nous passons par des ressentis qui parfois ne trouvent pas de mot mais qui doivent simplement se vivre.

 

 

Que ressentent les hommes lors du premier trimestre ?

Je pense que c’est une question importante que de se demander ce que le futur papa ressent.

Cet aspect pourra être nuancé selon les caractères de nos compagnons mais d’un point de vue général, eux aussi ressentent des émotions fortes bien que différentes parce que physiologiquement ils ne subissent aucunes transformations, quoique…

 

Pour vous parler de notre propre expérience, mon amoureux est une personne très sensible même s’il est peu démonstratif. Pourtant le jour où je lui ai annoncé, son regard s’est illuminé comme jamais.

Je me souviens que lorsqu’il a ouvert le petit cadeau que j’avais préparé dans le but de lui annoncer l’heureuse nouvelle, il a eu besoin de quelques seconde pour réaliser. Tout du moins pour qu’intellectuellement ça fasse tilt !

 

Je crois que ce jour-là il était le plus heureux des hommes !

 

Tout comme moi, 48h plus tôt, il a dû enregistrer l’information, la digérer et ainsi se laisser pleinement envahir par tous les sentiments que peuvent générer le fait de savoir que l’on va devenir père et qu’à deux nous avons donné la vie à un nouvel être.

 

Chaque être humain et en l’occurrence chaque homme est très différent, certains pour signaler leur joie et leurs émotions verseront des larmes, d’autre auront un temps d’arrêt le temps de comprendre pour enfin sourire, ne les jugeons pas, acceptons leurs réactions car à cet instant précis elles seront authentiques. Ils ont comme nous le droit à la joie et peut-être même aux questions et aux doutes sur leur capacité à endosser ce nouveau rôle qui les attend.

 

 

Comment et quand annoncer sa grossesse ?

Être enceinte n’est pas une tare ni un handicap, cependant le premier trimestre est une période à la fois difficile compte tenu de tous les changements internes et hormonaux que l’on subit, mais c’est également la période la plus délicate car le risque de fausse couche est élevé. D’après les statistiques, 1 femme sur 4 s’y retrouve confrontée. Ce risque est d’autant plus grand avec l’âge.

 

Il n’est cependant pas interdit d’en parler et de partager sa joie, néanmoins il est plus sage de garder un peu de discrétion jusqu’à l’échographie du premier trimestre.

Dans l’idéal, partagez-le avec un ou une amie proche, qui pourra se réjouir pour vous, vous apporter son soutien en cas de besoin ou encore vous écouter. N’oubliez pas que le papa aussi fait partie de l’équation et qu’il est en droit de savoir !

 

C’est plaisant, voir même jouissif d’une certaine façon pour une future maman de partager cette bonne nouvelle avec son entourage (dans la majorité des cas), mais cela devient très difficile lorsque la grossesse n’a pas fonctionnée et que le fœtus ne s’est pas accroché. Les fausses couches sont des évènements naturels, pour lesquels nous n’avons, nous futures mamans et papas, pas de contrôle. Certaines des fausses couches peuvent s’expliquer et d’autres pas :

  • L’embryon n’est pas viable : œuf clair, anomalie chromosomique…
  • Maladie ou infections : rubéole, varicelle, listeria…
  • Malformation utérine : les examens dans ce cas de figure sont pratiqués au bout de la 3e fausse couche.
  • Incompatibilité de rhésus, autrement dit incompatibilité des groupes sanguin de la mère et du bébé
  • Accident violent/traumatique : accident de voiture, mauvaise chute de cheval, …

 

Dans la majorité des cas, une première fausse couche n’aura aucune incidence sur les grossesses suivantes.

J’ai entendu dire qu’au Népal, lorsqu’une femme fait une fausse couche on l’explique par le fait que l’enfant qu’elle a perdu était trop pur pour ce monde et donc qu’il n’était pas prêt à venir sur terre.

J’aime beaucoup cette idée.

 

Il existe beaucoup de témoignage de femmes ayant partagé leurs fausses couches. J’ai trouvé le témoignage et l’expérience de Marie-Hélène Lahaye très fort et intéressant à différents points de vue. Je vous invite à le consulter en cliquant ici.

 

 

Comment partager sa grossesse avec son compagnon ?

Je pense sincèrement qu’il faut être la plus naturelle possible et ne pas créer de secret ou de tabou sur ce sujet avec le papa.

 

Bien entendu toutes les situations de conception et donc de couple ne sont pas idéales, mais comme dit précédemment les parties concernées sont en droit de savoir.

 

Mais prenons le meilleur des cas. Pour l’annonce, elle peut-être aussi fantaisiste que vous le souhaitez, de toute façon le papa sera extrêmement heureux et vous aurez l’occasion de verser votre petite larme 😉

Une fois l’annonce faite, le partage ne s’arrête pas là. Votre partenaire a besoin que vous lui parliez pour comprendre ce que vous vivez, ressentez et expérimentez au quotidien notamment lors de ces premières semaines qui ne sont pas toujours de tout repos.

Partager ses doutes et ses sensations renforceront le lien du couple et permettront au futur papa de vivre lui aussi l’expérience de la grossesse.

 

L’autre option, et moi celle-ci je l’adore, c’est de lui proposer de vous appliquer de l’huile ou de la crème sur le corps, plus particulièrement sur la zone du ventre et des cuisses parce qu’elles vont être de plus en plus sollicités. Lorsque le petit bidon sortira, ce partage lui permettra de créer un premier contact avec votre bébé.

 

Le partenaire est aussi un confident, une personne qui peut nous soutenir à tout moment.

Je me souviens parfaitement de la réaction de Nicolas, mon compagnon, lorsque je lui faisais part de ma détresse, en pleur, face à ce corps que je ne contrôlais plus et que je ne comprenais plus. Ou encore le sentiment de culpabilité d’être aussi souvent fatiguée lors de nos vacances.

Il a réagi avec une bienveillance et un amour immense. Il m’a rassuré en me disant qu’il ne m’en voulait pas, que je ne devais pas oublier que mon corps était en train de se transformer pour créer la vie et que je ne devais surtout pas culpabiliser mais accepter ce qu’il se passait, qu’il comprenait même s’il ne ressentait pas les changements et qu’il me soutenait dans cette aventure qui changera à tout jamais notre vie.

Cet homme est merveilleux et je suis très chanceuse de l’avoir rencontré.

 

Alors n’ayez pas peur mesdames de leur parler et de partager tout ce qui se passe en vous, accordez leur la place qu’ils méritent, celle de futur père.

 

 


Sabrina Lubas

Professeur de Yoga à Paris

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