Être enceinte : mon premier trimestre – Partie 2

De 0 à 13 semaines

La grossesse est une chose fascinante à tout point de vue et elle rend curieux les gens autour de nous.

Recevant de nombreuses questions, notamment de femmes dans mon entourage, j’ai décidé de vous écrire quelques petits articles sur le sujet.

Ce que je vous écris ici n’est autre que le fruit de mes recherches enrichies de ma propre expérience et de mes propres ressentis. J’imagine cependant que beaucoup d’autres futures mamans pourront se reconnaitre dans ces lignes.

Sachez néanmoins, que chaque grossesse est unique et très personnelle !

Dans tout les cas consultez votre médecin, sage-femme ou toute personne médicalement compétente.

 

Dans ce deuxième article, je vais vous parler des  premiers changements physiques et physiologiques ressentis au cours de ces trois mois de grossesse sous forme de questions/réponses. Bien entendu la liste des questions n’est pas exhaustives, j’ai simplement choisi celles qui me paraissaient les plus pertinentes ainsi que celles les plus souvent posées.

Voici la première:

 

 

Quels sont les premiers changements visibles ?

Nous les femmes, vivons chaque mois des changements hormonaux et physiologiques importants lors de nos règles. Nous sommes donc déjà familières de certains maux, tels que les maux de ventre, le gonflement des seins, l’augmentation de l’irritabilité et enfin la baisse d’énergie.

Lorsque l’on tombe enceinte, des symptômes similaires se produisent dans notre corps, mais ceux-ci sont un peu plus présents ou en tout cas perçus différemment, ce qui peut mettre la puce à l’oreille en cas de doute sur une éventuelle grossesse !

En tant que femme, je pense sincèrement que nous ressentons de façon « certaine » lorsque quelque chose de « différent » se passe dans notre corps, à condition bien sûr d’être un tout petit peu à l’écoute.

Dans mon cas, ma poitrine avait beaucoup augmenté, plus que d’habitude à l’approche de mon cycle menstruel. Je me sentais fatiguée, mais là encore nous étions fin juillet et je me disais que c’était juste la fin de l’année. Pourtant, cette fatigue était anormalement intense et présente. Et puis il y a eu cette petite voix, (intuition ou 6e sens) qui me disait que quelque chose était différent cette fois-ci.

 

D’un point de vu plus général, voilà ce qui peut nous arriver, en termes de petits désagréments pendant notre premier trimestre [1] :

  • Légère augmentation de la température corporelle : les fortes chaleurs, les endroits non aérés, etc. peuvent devenir difficile à gérer. C’est en partie due à notre thyroïde.
  • Perturbation de l’appétit : dégout, envies, nausées, vomissements…
  • Essoufflement au moindre effort et accélération du rythme cardiaque dû à l’augmentation du sang et de notre température. Nous produisons plus de sang et donc d’oxygène car à présent nous ne sommes plus seules !
  • Fatigue inhabituelle, perturbation du sommeil : insomnie ou besoin de dormir en journée ; augmentation de la fréquence des rêves.
  • Forte sensibilité aux odeurs.
  • Constipation due à une modification des pressions dans l’abdomen.
  • Besoin d’uriner très fréquemment : dû au volume sanguin et à la pression de l’utérus qui se situe juste au-dessus de la vessie (je me levais 5 fois par nuit, ce qui ne favorise pas le sommeil réparateur…)
  • Trouble de l’humeur : irritabilité, alternance joie et tristesse, larmes faciles etc… (influence de la thyroïde)
  • Modifications physiques :
    • Poitrine qui augmente très vite de volume, développement des aréoles (pastille rose au bout des seins) et du réseau veineux. Nos seins sont parfois très sensibles à cette période, voire même douloureux et le moindre contact aussi léger et délicat soit-il avec le bout des seins peut être très pénible.
    • Le milieu acido-basique du vagin se modifie, autrement dit la flore vaginale se transforme avec la possibilité d’une poussée de champignon (mycoses).
    • Douleur possible dans le bas du ventre comme des points de côté ou des « coups de poignard ». Il s’agit de réactions musculaires des muscles profonds de la paroi abdominale lors du développement de l’utérus, ou ligamentaire.

[1] Les explications dans leurs ensembles sont issues du livre du Dr. Bernadette De Gasquet « Bien être et maternité » que je recommande vivement.

 

 

Comment peut-on soulager ces petits maux ou comment mieux les vivre ?

Encore une fois, chaque grossesse est unique et nos « symptômes » varient beaucoup d’une femme à l’autre. C’est aussi le cas lorsqu’il s’agit d’une seconde (ou plus !) grossesse.

D’une façon générale, il est important, et d’autant plus lorsque l’on est enceinte, de s’écouter.

Si l’on ressent beaucoup de fatigue, il faut dormir, faire des siestes lorsque cela est possible. Notre corps vit d’importantes perturbations qu’il ne faut pas négliger. Même si cela doit ralentir quelque temps notre vie sociale… n’oubliez pas, c’est pour la bonne cause!

Pour les nausées, il existe plusieurs possibilités selon leur importance. Il est toutefois plus prudent de consulter son médecin ou demander conseil à un pharmacien avant de consommer quoique ce soit. Parmi les possibilités les plus courantes on retrouve l’utilisation de l’homéopathie. Personnellement c’est la solution pour laquelle j’ai opté et elle m’a beaucoup aidé. Je ne souhaitais pas ingérer de médicaments, parce que cela va à l’encontre de mes principes et habitudes et surtout lorsque nous sommes enceintes nous n’avons pas le droit à grand-chose en termes de médicaments !

Il y a aussi l’acupuncture ou l’acupressure. Les acupuncteurs professionnels peuvent grâce à leur connaissance du corps humain énergétique notamment, et plus particulièrement à la médecine traditionnelle chinoise, travailler sur nos organes et leurs énergies pour les diffuser dans tout notre corps. L’avantage de cette pratique c’est qu’elle est naturelle, sans risque ni effet secondaire sur la patiente et le fœtus et que son action se fait ressentir assez rapidement sur l’organisme.

Enfin, il est également recommandé de consommer du gingembre ! Au-delà de ses attributions aphrodisiaques, cette racine a beaucoup de vertus :

  1. C’est un antioxydant puissant : « Les antioxydants sont des molécules naturellement présentes dans de nombreux aliments et qui ont une fonction de capteurs des radicaux libres, responsables entre autres du vieillissement des cellules »

Il est donc préconisé dans la prévention des maladies cardio-vasculaires, cancers et autres maladies liées au vieillissement.

  1. Effet « antiémétique », c’est-à-dire que le gingembre à la capacité de prévenir voir stopper les nausées et/ou vomissements liés à la grossesse mais également pour le mal des transports. Son effet est la réduction des mouvements de l’estomac.
  2. Aide à la digestion, en favorisant la sécrétion de bile qui intervient dans le processus de tri des aliments et donc de digestion.

 

Nausées et vomissements

Dans cette section, je voulais partager avec vous mon expérience personnelle, parce que en effet, les nausées et ou vomissements ne sont pas des états faciles à vivre, mais peu importe votre ressenti, nous sommes légitimes et nous ne devons pas nous sentir fautives.

 

Je suis donc tombée enceinte en juillet de cette année (2018) et nous sommes partie en vacances à la montagne en août dans notre super van aménagé. Nous étions plus qu’heureux de pouvoir enfin nous déplacer dans notre création et ainsi partager les premières semaines de ma grossesse tranquillement. Je ne savais pas du tout ce qui allait m’attendre…

Les 10 premiers jours de notre périple n’ont pas été simple je dois le reconnaitre. Je n’avais pas faim, mais j’étais en forme de façon générale. Nous allions grimper en matinée pour quelques heures, mais il nous fallait rentrer après 2/3h d’activité puisque mes nausées et la fatigue s’emparait de moi dans l’après-midi, au point de parfois en pleurer. Je me sentais désemparer parce qu’impuissante face à cette situation complètement nouvelle et sur laquelle je ne pouvais pas agir. J’espérais simplement au fond de moi que ces sensations de « mal-être » seraient temporaires, parce que je ne voyais pas comment j’allais pouvoir gérer ça sur le long terme.

Ça a donc duré 10 jours entre les nausées et le dégout pour la nourriture, et mes excuses quotidiennes envers mon amoureux. Puis petit à petit la situation s’est améliorée et stabilisée. Nous avons terminé nos vacances dans de bien meilleures dispositions que celles du début ! Ce qui tout au long de ces 3 semaines ne m’a pas empêché de faire du sport, de façon plus adaptée, tourné vers le plaisir plus que sur le dépassement de soi ; alterné avec de longues siestes un peu n’importe où

!

De retour à Paris, j’ai repris le travail et les nausées disparaissaient de plus en plus. Ce qui pour travailler est quand même plus facile. Cependant tout n’était pas complètement rose. J’ai eu 2 « crise » importante. Au-delà de ne supporté aucunes odeurs fortes notamment dans le métro, la cigarette etc., il m’est arrivée de me sentir extrêmement mal au point de ne pas pouvoir rentrer chez moi seule. J’ai dû appeler mon amoureux à la rescousse pour qu’il me récupère en sortie de métro et me ramène à la maison : mal au ventre, difficulté à respirer calmement, fortes nausées à la limite du vomissement… au point de devoir m’assoir en pleure au milieu de la rue.

 

Et puis la fin de ce premier trimestre pointait le bout de son nez, comme mon ventre et l’amélioration s’est progressivement fait ressentir.

Si je partage cette expérience ici avec vous c’est simplement pour vous dire que vous avez le droitde vous sentir fatiguée, malade, désemparée… ou tout simplement le droit de vous sentir en formeet sans nausées. Aucune d’entre nous n’est égale dans la grossesse. Ce qui ne nous en rend pas moins légitime ! S’excusez de notre état ne nous soulage pas pour autant mais la communicationsur nos ressenties n’en reste pas moins primordiale avec nos conjoints qui sont là aussi pour nous soutenir à travers chaque étape de cette aventure ! Nous portons la vie, et il n’y a rien de plus beau et parfois de plus dur à vivre !

 

Comment aborder les changements d’appétit et l’alimentation pendant cette période ?

Là encore, c’est un vaste sujet, qui va beaucoup dépendre de chaque femme et si oui ou non elle est immunisée contre la toxoplasmose.

Pour ma part, me nourrir est devenu compliqué. En effet, le début de mon deuxième mois de grossesse à déclenché un dégout face à toute forme de nourriture. Je ne vous cache pas que cette situation était vraiment étrange et surprenante aussi bien pour moi que pour le papa connaissant mon goût pour la nourriture : j’adore manger et je mange plutôt très bien ! Je crois qu’il a été un peu démuni d’ailleurs face à cette réaction que je dois avouer était un peu extrême, mais c’est surtout que je ne pouvais pas rester sans manger.

J’ai donc essayé d’écouter mon corps et mes envies profondes pour trouver une toute petite envie… et finir par découvrir que j’avais envie de vache qui rit… allez comprendre ! Je me suis donc nourri presque exclusivement de ça pendant 10 jours.

Le plus drôle a été ma réaction face à un aliment en particulier : j’ai eu une profonde aversion pour les tomates, alors qu’en temps normal j’adore ça. D’autant que nous étions parties en vacances en emportant de belles tomates bien mûres du jardin de mon papa… rien que la vue de ce fruit, j’avais la nausée !

 

J’ai prévu de dédier un article complet sur l’alimentation pendant la grossesse, cependant je vais rappeler ici quelques précautions à prendre lorsque l’on est enceinte et qui vous seront de toutes façons rappeler par votre médecin ou sage-femme/gynécologue :

  • Dans las de la NON immunisation contre la toxoplasmose (due à un parasite en présent dans la terre) :
    • Ne consommez pas de viande crue, ni saignante. Penser à bien laver le couteau qui aura potentiellement servi à couper cette viande crue car la bactérie peut se déposer sur la lame.
    • Pas de charcuterie.
    • Laver avec soin les fruits et légumes, surtout s’ils sont consommés crus.
    • Ne consommer pas d’aliments à base de lait cru.
    • Rien à voir avec l’alimentation… cependant si l’on possède un chat, demander à votre moitié si possible de bien vouloir changer la litière, ou alors confier votre animal le temps de votre grossesse à un proche qui saura en prendre soin. La bactérie de la toxoplasmose se trouve dans les excréments du chat.
  • Si l’on est immunisée : la vigilance est un peu moins importante, mais reste néanmoins indispensable. Il est donc conseillé d’éviter les produits laitiers à base de lait cru, poisson cru ou fumé, foie gras ou encore œuf cru pour éviter notamment le risque de contamination par la bactérie listeria.

 

 

L’aspect médical dans tout ça ?

Ces 12 premières semaines sont aussi intenses en termes d’examens médicaux et en prise de sang, alors soyez prêtes !

Après la vérification sanguine de la grossesse et donc du test pour le Beta HCG, vient le tour de la vérification immunitaire à la toxoplasmose, de potentielles maladies sanguines et autres, test du VIH, etc…

 

C’est aussi le moment de chercher et choisir sa maternité en fonction de ses premières idées de « projet de naissance », ou peut-être simplement en fonction de la proximité. N’attendez pas la fin du 1er trimestre pour vous inscrire, faites-le dès que vous savez que vous êtes enceinte car parfois vous pouvez être refusée en fonction du nombre de demandes. Alors pour ne pas être déçue, inscrivez-vous !

 

Puis arrivera le moment de la première échographie ! À la fin de ces 12 semaines selon que vous soyez suivie par une gynécologue ayant le matériel dans son cabinet ou non.

Dans le cas de la gynéco super équipée vous pourrez avoir des échographies tous les mois, ce qui rend le temps un peu moins long.

Si comme moi le suivi se fait à la maternité, la première écho interviendra vers la 12semaine, et je ne vous cache pas que ce moment est magique !

C’est la toute première rencontre avec le bébé, on le découvre, on le voit bouger et on entend pour la toute première fois son petit cœur battre. Ce moment que je vous invite très fortement à partager avec le papa, il sera fort en émotion. Il est à considérer comme la première rencontre à 3 ou plus si vous attendez des jumeaux !

 

 

Peut-on déjà chercher des prénoms ?

Certains diront que c’est peut-être un peu tôt, parce que on ne sait jamais… mais sincèrement qui n’a jamais envisagé les prénoms qu’il donnerait à ses enfants ?!

 

Personnellement c’est l’une des premières choses que nous avons faites ! Et j’avais commencé à y penser il y a des années.

Ces recherches de prénoms sont l’une des premières étapes de la construction de la famille à venir. Un moment de partage et de complicité. C’est drôle à quel point on devient attentif aux prénoms de gens dans la rue ou autour de nous et notamment des enfants que l’on croise.

Même si on se met d’accord, il est toujours possible de changer d’avis le jour J. Alors pas d’inquiétude, et amusez-vous à chercher ! N’oubliez cependant pas, qu’un prénom c’est pour la vie et que ce n’est pas toujours facile pour l’enfant de porter les éventuelles « excentricités » des parents.

Ensuite libre à chacun de révéler ses choix avant la naissance, à sa famille et à ses proches.

 

Le premier trimestre d’une grossesse est très intense à tout point de vue et peut être aussi très inquiétant compte tenu de toutes les mises en garde et des on-dit.

Selon moi et d’après les témoignages de mes élèves en yoga prénatal, c’est la période de la grossesse la plus difficile. Personne ne sait rien, personne ne voit rien, et on est dans un état de fatigue physique important où là encore personne ne peut comprendre. On se sent parfois seule.

C’est la période pendant laquelle il faut s’armer de patience, de bienveillance à son égard et surtout bien s’entourer. Ne pas hésiter à en parler avec le papa et une ou deux amies proches de façon à se sentir moins seule et pouvoir se confier, se sentir soutenu et accompagnée.

 

Personnellement j’ai eu sur ces 12 semaines, très honnêtement 10 jours un peu compliqué où il m’a été difficile de me nourrir, les nausées étaient intenses, la fatigue vraiment présente. Très franchement, je n’ai pas à me plaindre ! Ça s’est plutôt bien passé.

Mon autre atout en ce début de grossesse : le futur papa !

Si on lui laisse sa place, il la prend et surtout participe à tout de son mieux. Il essaie de comprendre, il est notre meilleur soutien et allié.

Il ne faut pas oublier que nous ne sommes pas seules à « porter » l’enfant. Physiquement nous le sommes, mais émotionnellement le papa est présent. Il a aussi besoin de comprendre ce qui se passe. Pour lui ces 9 mois seront bien plus abstraits que pour nous, ce qui ne nous empêche pas de partager ce que l’on ressent avec lui.

Nicolas a été parfait, il ne m’a jamais laissé tomber, toujours à me soutenir notamment lorsque j’avais du mal à faire face à ces changements que je ne contrôlais pas et qui parfois m’ont fait peur. Il m’a rassuré, même si pour lui ça n’a pas non plus été simple. Il a pris sur lui et s’est armé de patience. Il m’a entouré d’amour et de bienveillance de façon à ce que la fatigue ne me fasse pas culpabiliser, que je puisse vivre mes émotions sans peur ni honte.

Cet enfant est un projet commun, une aventure à deux, il est donc important de partager avec l’autre tout au long de ces 9 mois pleins de surprises !

 

Bibliographie :

http://www.laviefacile-enfant.com/0-3-ans/tout-savoir-sur-les-fausses-couches.html

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/12/12/21679-fausse-couche-concerne-femme-sur-quatre

http://marieaccouchela.blog.lemonde.fr/2016/05/12/pour-en-finir-avec-le-tabou-des-fausses-couches/