Projet de naissance 

Partie 2 – Mon accouchement naturel

Voilà 2 mois que Margot est née…je n’en reviens pas de la vitesse à laquelle le temps passe.

Je suis aussi surprise qu’un être aussi petit puisse prendre autant de place à la fois dans notre quotidien et notre vie ; et plus que tout, surprise de cet amour inconditionnel que j’éprouve pour elle.

Cet article vient donc compléter le précédent sur le projet de naissance, sur nos souhaits à nous, en tant que couple, pour la mise au monde de notre fille.

Ce que nous voulions avant toute chose : que notre bébé soit en bonne santé !

 

Mes envies pour cet accouchement :

 Je n’ai pas eu d’envies folles ou extravagantes, je souhaitais simplement un accouchement naturel par voie basse et la possibilité de pouvoir faire tout mon travail dans l’eau.

L’eau à un effet relaxant et apaisant de façon général. L’eau chaude relâche les muscles ce qui empêche les crispations. En cas de contractions les crispations ne font qu’intensifier la douleur et le « mal être » de l’instant.

D’autre part, la possibilité d’être dans une baignoire, permet le mouvement et personnellement pour moi, de moins subir la douleur.

J’avais pu expérimenter cette sensation lors d’un moment de « faux travail » à la maison. Les contractions rapprochées avaient duré 2h. Et mon seul recours avait été ma baignoire.

Et enfin, je souhaitais, comme premier repas des sushis (comme toutes les femmes qui accouchent ou presque) et une coupe de champagne !!

Il va de soi, que nous avions également envisager le pire ou les solutions alternatives : comme la césarienne. Avoir un bébé par césarienne n’est pas un « drame ». Beaucoup de jeunes mamans n’ayant pas envisagé cette possibilité ressortent de leur accouchement tristes ou encore frustrées. Parfois la nature a d’autre plans que les nôtres et le plus important c’est que tout le monde soit en bonne santé. Avoir un bébé par césarienne c’est quand même avoir un bébé !

 

Comment ça s’est vraiment passé ?

Avant toute chose, Margot s’est fait un peu désirer ! Cela dit je pense que la date de conception calculée n’était pas la bonne… quoiqu’il en soit elle est arrivée avec 2 jours de plus sur le délai initialement prévu, la coquine !

Je ne vous cache pas que 2 jours de plus c’est vraiment beaucoup sur une fin de grossesse, le corps est épuisé, les nerfs sont mis à rude épreuve avec l’attente, les douleurs et la mobilité qui est vraiment réduite. Et pourtant je fais partie de ces femmes qui ont eu une grossesse idéale, sans complication et avec très peu de prise de poids. 12 kg au total et la majorité dans le ventre.

 

Lorsque le terme initial de la grossesse est dépassé, selon les maternités, un déclenchement est envisagé.

Le déclanchement consiste en une injection d’ocytocine. Cette substance, qui est sécrétée naturellement par le corps, provoque les contractions permettant la mise en route du travail.

Cette injection d’ocytocine intervient également après la sortie du bébé afin de déclencher quelques contractions supplémentaires pour ainsi évacuer le placenta.

Donc le mercredi 10 avril au matin, après avoir constaté des saignements nous nous sommes rendus aux urgences de la maternité ou des examens de contrôle ont été effectués.

Les saignements, font partis des principaux signes qui doivent nous conduire à la maternité sans se poser de questions avec:

  • La perte des eaux : pas d’affolement, vous pouvez vous y rendre dans l’heure où les 2h qui suivent. Lorsque la poche des eaux rompt, le bébé n’est plus protégé des infections
  • La fièvre
  • Des gonflements, vertiges et maux de tête

 

C’est à partir de là que le travail s’est progressivement mis en route. De petites contractions de plus en plus intenses et rapprochées sont arrivées après être allée marcher.

J’ai tenu environ 6h avec des contractions de plus en plus douloureuses et intenses, même si j’étais en mesure de les supporter, cela me fatiguait beaucoup.

A ce stade, mon col était mou et peu ouvert et la poche des eaux juste fissurée.

J’ai fini par entrer en salle de travail à 19h30 environ, afin de pouvoir me plonger entièrement dans un « bain chaud » et surtout pour vivre l’expérience la plus folle, forte et merveilleuse de toute ma vie.

 

Dans la salle de travail

19h30 environ : Arrive enfin le moment d’accéder à la salle de travail… Étonnamment je n’éprouve aucun stress ou anxiété. Je crois que je ne réalise toujours pas ce qui est sur le point de se passer : mettre au monde un enfant.

A cet instant précis, je n’ai qu’une envie : me reposer et être plongée dans un bain bien chaud pour m’aider à supporter au mieux les contractions.

Je suis heureuse car nous retrouvons comme prévu l’une des sages-femmes rencontrer lors de nos cours de préparations à l’accouchement avec Nicolas. Ségolène était l’une des 10 sages-femmes formées spécifiquement pour le type d’accouchement que je souhaitais. Elle était accompagnée d’Amira, une assistante puéricultrice, qui aurai vocation à m’aider bien sûr au besoin mais surtout pour s’occuper du bébé à la naissance.

On me coule donc le bain chaud et on explique à Nicolas le fonctionnement de tout, car à présent c’est lui qui va travailler avec moi pour m’aider et me coacher à chaque étape de ce qui nous sépare de la venue de notre petite fille. Il est environ 20h.

La salle est composée d’une grande baignoire avec un système de suspension (au besoin) et d’une table de travail. Il y a bien sur tous les accessoires comme le ballon etc.

Travail et accouchement

 Nous y voilà ! surement la partie que vous attendiez toutes : ai-je eu mal ?

Pour être honnête et transparente, oui j’ai eu très mal, et j’ai même cru que je n’y arriverai jamais.

Les contractions en début de travail étaient gérables, elles sont très présentes dans le bas du ventre.

Au début c’est comme une douleur de règle, et cette douleur s’intensifie un peu plus à chaque fois. C’est pourquoi le bain chaud était un choix capital pour moi.

L’eau est « mon élément », la chaleur apaise le corps et relâche les muscles ce qui me permettait de pouvoir vivre les contractions et d’éviter de trop subir. C’est également un support qui autorise le mouvement fluide. Un peu comme lorsque je créé mes flows de yoga.

Il est très important de « vivre » les contractions, de les accompagner et surtout ne pas se crisper dans la mesure du possible. Enfin le fait de flotter, enlève l’aspect poids du corps, ce qui n’est pas négligeable ! On se sent plus légère et moins encombrée ce qui facilite encore une fois le travail.

Arrive enfin le moment où je perds le bouchon muqueux et la rupture complète de la poche des eaux. Nous avons entendu le « poc » indiquant cette rupture complète. C’est à ce moment-là que tout s’est accéléré. On m’a fait sortir de l’eau et installer sur la table de travail.

Instinctivement je me suis mise à 4 pattes, et un drap a été installé à la tête du lit afin que je puisse tirer dessus.

Je ne vous cache pas qu’après 3h30 de travail j’étais extenuée, je n’avais plus de contrôle sur rien, mon corps tremblait sans discontinuer sans pour autant avoir froid. Les muscles étaient juste épuisés. J’étais dans un état second, c’est-à-dire présente sans tout à fait être là, uniquement concentrée sur ce que je ressentais et sélectionnant les informations à entendre.

Il parait même que je faisais de l’humour… je me demande bien comment dans ces conditions !

J’étais tellement à bout, et la douleur si intense que l’on m’a proposé le gaz hilarant.

 

Ce gaz atténue légèrement, c’est une sensation assez étonnante. On ressent tout, on vit tout mais dans un état second. Ça facilite honnêtement !

La tête de mon bébé était là, prête à sortir mais je n’arrivais plus à me concentrer. J’avais la sensation que mon corps allait se déchirer en deux, que je ne pourrais jamais sortir cet enfant.

La Sage-femme pour m’aider m’avait proposé de toucher la tête du bébé qui commençait à sortir, pour probablement me rassurer ou me donner la force de continuer. J’ai refusé, j’ai eu peur…

Heureusement, je n’ai pas eu besoin de pousser longtemps, le corps agit presque seul à vrai dire.

Et puis au bout de 30 minutes, les plus longue de toute ma vie, Margot est enfin sortie.

Mon bébé était né!

Un soulagement et une délivrance totale. Je ne me souviens même pas de son 1ercri, par contre je me souviens parfaitement de la première chose que son papa m’ait dite : « Comme elle est belle ! »

Le temps de reprendre mes esprits, de me retourner sur le dos, mon bébé : Margot, Rose Louise était sur moi, ses petits yeux grands ouverts et cette sérénité absolue sur son visage.

Comment je me suis préparée 

Pour préparer ce projet fou, surtout sur un premier bébé semble-t-il, j’ai pratiqué le yoga. Rien de très exceptionnel lorsque l’on sait que c’est mon métier.

J’ai taché de rester le plus active possible pour que mon corps ne « s’endorme » pas et lui permettre de rester mobile.

J’ai aussi beaucoup lu, suivi des formations et discuter avec des sages-femmes afin d’obtenir un maximum d’information concrète sur ce que je vivais et sur ce qui allait se passer concrètement, c’est-à-dire physiquement.

Tous ces aspects m’ont permis de vivre une grossesse absolument idéale, très sereine, avec beaucoup de recul.

 

Ai-je eu des Inquiétudes

Oui et non.

Bien sûr comme n’importe quelle future maman on se demande toujours si le bébé est en bonne santé, s’il n’y a pas de complication (mal formation, maladies…). Mais à chaque échographie j’étais rassurée de voir que tout allait pour le mieux. J’ai tendance à croire qu’une maman ressent les choses quand il y a un doute.

L’une de mes premières inquiétudes à l’approche du jour J, était de perdre les eaux au milieu de la rue. On s’imagine toujours que ça se passe comme dans les films en mode « chute du Niagara », mais pas du tout !

Il s’agit effectivement de liquide qui s’écoule sans s’arrêter et qui peut légèrement couler le long de la jambe.

Personnellement lorsque c’est arrivé je ne l’ai même pas réalisé. J’ai cru qu’il s’agissait encore et toujours des pertes de « lubrification » (bouchon muqueux) que je subissais depuis le début du 3etrimestre. Ces pertes blanches, épaisses assez désagréable que l’on peu aussi avoir avant ou après ses règles.

J’étais tellement bien au courant de ce qui se passait dans mon corps, que je n’ai pas eu plus de soucis que ça. L’inquiétude ou plutôt la peur est apparue pendant le travail en lui-même.

Je savais que l’accouchement pouvait être un moment difficile et douloureux. D’autant que la douleur se vie de façon très différente selon les femmes.

Mais je n’avais pas imaginé tout ce que j’ai pu ressentir. Il faut le vivre pour le comprendre.

Pourtant, malgré ses sensations intenses, je suis prête à revivre un accouchement naturel. Je ne changerai rien à ce parcours incroyable vers la maternité.

 

Remerciements :

Je tiens à remercier l’hôpital Necker pour son accueil et notamment le professionnel de son équipe médicale. Les sages-femmes de ce département Physio sont toutes d’une gentillesse, écoute et bienveillance incroyable.

Merci à Amira et Ségolène pour m’avoir aidée et accompagnée sur cette route.

Et enfin un grand merci à mon homme. Qui ce jour-là à lui aussi vécu son propre accouchement. Il a œuvré pendant ces 4h sans relâche. Il m’a coaché comme sur un ring de boxe, ne m’a pas lâché une seconde pour que je puisse aller au bout de cette expérience unique. Il a été mon roc et aujourd’hui il est le plus merveilleux des papas.